Furious, thriller policier féministe sur la justice et le pouvoir 🇫🇷

Publié le 2 septembre 2026 à 12:27

Ce lundi, la plateforme de streaming Disney + a publié l’épisode final de Furious. Cette série policière de huit épisodes suit Alice Black (Emmy Rossum), agente du FBI, dans sa recherche d’une tueuse en série (Lola Petticrew). La méthode opératoire de cette dernière consiste à torturer et à séquestrer des hommes en les droguant pendant des jours, puis à sceller leur sort en leur administrant une dose létale.

Jusque-là, rien de plus simple, rien de nouveau ; un « gentils contre méchants » comme on en a l’habitude de voir dans les séries policières. Pourtant, Furious surprend, et grâce à une écriture minutieuse et complexe des personnages, la série s’éloigne des codes du genre. Ce n’est pas divulgâcher que de révéler, en partie, les motivations de la tueuse, dont le patronyme reste longtemps un mystère. En effet, dès le premier épisode, les membres de la police et du FBI découvrent que la jeune femme est une ancienne mineure exploitée sexuellement dans le cadre de traite humaine. Ses meurtres apparaissent donc comme une forme de revanche contre ceux qui ont participé à son asservissement. Parallèlement à son enquête, Alice Black gère les conséquences professionnelles et personnelles des violences conjugales qui ont entraîné sa démission de la police de New York, et son entrée au FBI. En introduisant des similarités entre Alice et sa suspecte, la série transforme un rapport hiérarchique entre une figure de l’autorité et une criminelle, en une relation presque horizontale, symétrique, voire affectueuse. D’autre part, en questionnant le passé de la tueuse, le rôle des hommes qu’elle cible et des institutions de police et de justice dans celui-ci, Furious brouille les frontières entre victimes et coupables.

La série évoque la criminalité féminine sous un prisme sociologique. Sans l’excuser, elle l’étudie, et présente comme une de ses principales causes, les violences patriarcales et systémiques contre les femmes. Elle montre une femme qui, privée de la protection des pouvoirs publics, ne voit d’autre solution que de se faire justice elle-même, de reprendre, par la force, le pouvoir sur sa vie et son corps. Et c’est la notion de pouvoir qui est au centre du récit. Où se situe-t-il ? Qui le détient, et quand ? Qui le mérite ? Comment le gagner, et comment le perdre ?

Entre l’agente du FBI froide et déterminée en surface, mais profondément brisée et la tueuse d’apparence complètement dérangée et inarrêtable mais véritablement en recherche de contrôle, d’ordre et de réponses, toutes les nuances du traumatisme sont représentées à l’écran. Et cela, grâce au jeu parfois subtil, parfois grandiose mais toujours saisissant d’Emmy Rossum et Lola Petticrew.

Le thriller produit par Hulu est disponible en France sur Disney +, et vient d’être renouvelé pour une deuxième saison.

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