Dans mes écouteurs : les sons que j’écoute en ce moment 🇫🇷    

Publié le 14 mars 2026 à 02:21

Cela fait maintenant deux ans que je n’ai pas publié d’articles sur ce blog. Mon absence s’explique principalement par des problèmes de santé, d’autres projets à gérer et un départ en Erasmus (en Angleterre !!). 

Alors, quand j’ai décidé de rédiger un nouvel article, je me suis demandé avec quel sujet réanimer ce blog. Dans la mesure où celui-ci est un réceptacle à mes obsessions pop-culturelles, je me suis dit que lister les musiques qui parcourent mes écouteurs en ce moment serait une bonne idée. 

 

Pour commencer, cela fait un mois que le groupe MUNA a sorti un single, suivi de l’annonce d’un album du même titre ; Dancing On The Wall. Un mois, donc, que j’écoute cette chanson en boucle, sans jamais m’en lasser. Le groupe californien revient après une pause de deux ans depuis la sortie de leur troisième album, avec un son très pop et entraînant. La voix grave de Katie Gavin rend le morceau envoûtant, et la production de Naomi McPherson lui donne un aspect sombre, presque brutal, tout en restant particulièrement dansant pour une chanson de rupture. Pour illustrer ce single, le clip qui l’accompagne est marqué d’une obscurité qui contraste avec les visuels de leur album précédent. En effet, le clip de Silk Chiffon, le single principal de leur troisième album (simplement intitulé Muna), empruntait à l’esthétique de But I’m a Cheerleader qui malgré le sujet qu’il traite (les thérapies de conversion), est un film dont la colorimétrie est vive et claire. Les membres de MUNA ont toujours été très engagé.es politiquement, mais le climat social aux États-Unis n’a jamais atteint un tel niveau d’intensité. Le génocide en Palestine, la réélection de Donald Trump ou encore les actes de la police de l’immigration ICE ont mené la chanteuse du groupe à devenir elle-même organisatrice de mouvements sociaux.  Cela explique la nouvelle DA annoncée par Dancing On The Wall ; celle d’une musique ancrée dans la sombre réalité de son époque. Une musique qui, selon les mots de Naomi McPherson (musicien.ne et producteur.ice du groupe) lors d’une récente interview, ne demande pas aux auditeurs de « changer de monde ». J’imagine Dancing On The Wall avoir été pensé pour être écouté dans un club gay à 3 heures et demie du matin pendant la fin du monde. Je vais personnellement m’en tenir à le streamer en boucle à la salle, mais chacun son délire. L’album du même nom sortira le 8 mai 2026. La set list annonce treize titres, dont le premier, It Get So Hot, a été auto-leak (mais pas officiellement sorti) sur internet par le groupe la veille de la sortie de Dancing On The Wall.

Une autre artiste que je connaissais de nom depuis déjà un certain temps mais que j’ai commencé à écouter en début de semaine est Amber Bain aka The Japanese House. C’est une musicienne britannique basée aux Etats-Unis dont le deuxième album paru en 2023 est mon obsession actuelle. Mes morceaux préférés sont Touching Yourself, Boyhood, et Morning Pages. Ce dernier titre est d’ailleurs une collaboration avec Muna, mais ses sonorités folk et douces le rapprochent de celles de l’album solo de Katie Gavin sorti en 2024 intitulé What A Relief. De façon générale, The Japanese House produit de la musique pop, mais plutôt calme et alternative voire expérimentale. Une nouvelle lesbian pop artist à ajouter dans ma playlist (je les collectionne comme des pokémons).

En parlant de musique alternative, ma playlist contient également quelques morceaux de Caroline Polatchek. Le premier titre que j’écoute en boucle est So Hot You’re Hurting My Feelings issu de l’album Pang. Les deux autres sont Welcome To My Island et Sunset issus de l’album Desire I Want To Turn Into You. 

J’ai récemment donné sa chance à ADELA, artiste Slovaque que j’ai découverte dans le documentaire Netflix Dream Academy sur la formation du girls band Katseye. N’ayant pas été sélectionnée pour faire partie du groupe, la jeune femme a entamé une carrière solo. En août 2023 elle a donc sorti son premier EP intitulé The Provocateur. Au fil de sept titres, elle évoque sa relation à son corps, à sa sexualité ou encore à la danse classique (originaire de l'Europe de l'Est, c’est la discipline qui lui a permis de pratiquer un art performatif dès le plus jeune âge). Elle cite Hannah Montana et les artistes de Disney Channel comme ses inspirations, mais son côté messy et hyperpop fait d’elle – à mon sens - l’enfant spirituel de Lady Gaga et Charli XCX. Ses clips sont à absolument visionner, elle danse divinement bien et présente une forme de folie qui me rappelle Mia Goth dans Pearl. 

A propos de Charli XCX, je trouve l’album qu’elle a composé pour la bande originale de Hurlevent d’Emerald Fennell d’une très grande qualité. Chacun des douze titres de l’album est un petit bijou de pop expérimentale, qui contraste avec les sonorités de son album précédent, Brat, par une certaine brutalité et noirceur, notamment renforcées par la présence de nombreuses cordes. Wuthering Heights signé Charli XCX est à mon sens une bien meilleure œuvre que le film éponyme signé Emerald Fennell. 

Si vous scrollez davantage dans ma playlist, vous trouverez le premier album d’August Ponthier, Everywhere Isn’t Texas, sorti début février. J’écoute cet artiste depuis déjà deux ans et je n’ai jamais été déçue par ses productions musicales, cet album n’y fait pas exception. Ponthier écrit sur son expérience en tant que personne queer ayant grandi dans un État conservateur tel que le Texas, mais également sur le fait de grandir, sur son rapport au genre, à la maternité, à la violence masculine ainsi qu’à l’industrie musicale. 

 

Dans le même thème, je recommande le titre de l’artiste américaine Susannah Joffe sorti il y a deux semaines, intitulé Texas Baby et qui évoque le rapport de la chanteuse à son État natal dont elle ne parvient pas à se détacher, malgré l’homophobie qui y règne. Elle décrit cette chanson de cette manière : «pour ceux qui font le deuil de là où ils ont grandi, même si c’était un lieu toxique ». Le clip sorti il y a deux jours présente une photographie très léchée et vaut très certainement le détour. 

S’achève ici le premier article publié sur ce blog depuis deux ans. Je pense qu’il n’a été lu que par ma mère, j’espère donc lui avoir évité une apoplexie liée à des fautes d’orthographe. 

PS : J’espère aussi que le prochain article musical que je publierai portera sur le nouvel album de Phoebe Bridgers parce que ça commence à faire longtemps qu’on t’attend ma belle. Sur les réseaux sociaux les gens se demandent même si t’es toujours vivante alors il s’agirait de pointer le bout de son nez.

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